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A quoi servent les images pour la conscience phonologique ?

By 28 octobre 2021 Matériel 3-6 ans
Images pour la conscience phonologique ; conscience phonémique

Les images pour la conscience phonologique sont le prolongement naturel du jeu « je devine ».

Le jeu « je devine » est pratiqué quotidiennement dans une classe 3-6 ans. C’est un jeu exceptionnellement collectif, animé ET dirigé par l’adulte. Ce dernier se sert d’une petite boîte d’objets pour rendre l’initiation à la phonologie TRÈS attractive ! 🙂

Les images pour la conscience phonologique sont un matériel mis à disposition de l’enfant qui va pouvoir s’exercer lorsqu’il le choisira.

Seul ou avec un ami, les images vont lui permettre de s’exercer, en toute autonomie, sans l’adulte, à aiguiser son oreille, à apprendre à discerner les sons qui composent un mot, et, pour commencer les sons d’attaque.

En effet, et contrairement à ce qui est proposé en général aux jeune enfants, en pédagogie Montessori, on va d’abord porter notre attention sur la structure première de la langue, à savoir les phonèmes ; les phonèmes sont les unités sonores de base de notre langue orale.

Comme le dit si bien Stanislas Dehaene, les phonèmes sont tels les briques d’un mur : pour pouvoir construire un mur (le langage oral), il nous faut rassembler des briques (les phonèmes) puis les lier entre-elles.

Des blocs préconstitués de plusieurs briques (telle la syllabe constituée de plusieurs unités phonétiques) entravent la construction d’un mur plus qu’ils ne la servent ! Demandez aux maçons ! 🙂

L’étude des syllabes est, ainsi, en pédagogie Montessori, reléguée à beaucoup plus tard….:)

D’autre part, au lieu de focaliser, sous prétexte de facilité, l’attention de l’enfant vers la fin des mots avec l’écoute des rimes, l’adulte va initier l’enfant, très tôt (dès 3 ans) à conscientiser les sons des mots qui composent notre langue dans le sens où ils se prononcent, càd dans le sens également de notre écriture occidentale, de gauche à droite.

Ainsi, dès ses premiers jeux de phonologie, l’enfant est invité à tendre l’oreille et à discerner le premier son d’un mot donné, le son d’attaque : « carotte commence par le son [c], « épine commence par le son [e].

Certes, au départ, le son d’attaque est plus difficilement perceptible qu’une rime à la fin d’un mot et les enfants vont mettre un petit moment à comprendre ce que l’on cherche à entendre.

Mais, aidés par l’adulte et surtout par l’exemple des plus grands, les enfants vont vite saisir le jeu auditif auquel ils sont conviés…..  et ils VONT ADORER s’entraîner soit pendant des moments formels, soit pendant des moments informels ! :):):)

Ainsi, ils auront été guidés doucement et habilement, et je dirais, naturellement, vers l’exercice de leur audition « dans le bon sens », à discriminer petit à petit l’ensemble des phonèmes qui composent un mot ; compétence qui les conduira, naturellement, là aussi, vers l’écriture, à savoir la composition de mots ou de morceaux de phrases, libres et/ou suggérés.

Mais n’allons pas trop vite, revenons à nos exercices de conscience phonologique ! 🙂

La base de l’exercice de l’oreille repose sur le petit jeu mentionné en introduction, à savoir le jeu « je devine ».
Jeu, initié par l’adulte, QUOTIDIENNEMENT, car, d’une part, c’est par l’entraînement TRÈS régulier que l’automatisation de l’apprentissage va pouvoir se mettre en place ; et d’autre part, c’est l’adulte, seul initié au départ au « secret des mots » qui va pouvoir donner le goût aux enfants de ce nouvel exercice mental ! C’est pour cela que ce petit jeu est exceptionnellement collectif, en pédagogie Montessori, les enfants s’exerçant habituellement plutôt individuellement.

L’adulte est l’initiateur, celui qui va éclairer la flamme d’un nouvel intérêt. Sa présence est nécessaire, au minimum, jusqu’à ce que l’exercice soit compris par l’enfant.

La présence de l’adulte est nécessaire pour éveiller l’intérêt et l’entrain des enfants aux jeux de phonologie ; d’où l’utilisation de petits objets … que les enfants adorent découvrir !

La présence de l’adulte est également nécessaire pour maintenir la constance de l’entraînement : celui-ci doit être quotidien afin que, petit à petit, la conscience phonologique se forge, en un temps relativement court (une année environ pour la majorité des enfants) et pour que l’automatisation de l’apprentissage advienne.

Lorsque l’enfant est nourri d’entrain et de motivation par le jeu « je devine » qu’il voit pratiquer régulièrement dans sa classe, il arrive fréquemment que celui-ci ait envie de continuer « à jouer » = continuer à exercer son oreille en dehors de la présence et/ou de l’assistance de l’adulte.

Pour cela, on ne va pas confier à l’enfant la fameuse et précieuse boîte de petits objets qui sert à l’enseignant et qui lui reste dédiée A JAMAIS : on va proposer à l’enfant le matériel appelé « images pour pour la conscience phonologique ».

Ce matériel est constitué d’images ; 5 images par phonème simple ; les images sont rangées dans une pochette ; une pochette par phonème.

Lors de la présentation, l’adulte va choisir 2 pochettes = 2 phonèmes clairement distinguables (on ne va pas, au début, bien entendu, proposer à l’enfant de s’exercer avec les sons [b] et [d], beaucoup trop « confusables » auditivement parlant pour l’enfant….).

L’adulte sort les images contenues dans les 2 pochettes choisies et montre à l’enfant comment les mélanger.

Puis, il place en haut de la table, à droite une pochette, par exemple, avec le phonème [r] et à gauche le phonème [s].

L’adulte veille à toujours organiser très clairement l’espace de travail de l’enfant, notamment en séparant bien spatialement les 2 « concepts à étudier ».

L’adulte propose ensuite  à l’enfant de prendre une image, de la nommer, d’écouter par quel son commence le mot et de placer l’image sous le phonème correspondant.

Normalement, sous chaque phonème devraient être placées 5 images et pas plus… Cela peut être un petit moyen d’auto-contrôle de l’enfant : si la longueur des 2 colonnes obtenues n’est pas égale, c’est qu’il y a sûrement une erreur « quelque part »…. 🙂

Mais attention à ne pas se focaliser sur les potentielles erreurs de l’enfant, ni sur la petite forme d’autocontrôle suggérée plus haut : l’enfant va commettre des erreurs, beaucoup d’erreurs ! Cela n’est pas grave ! L’erreur est le signe manifeste que l’enfant est en train d’apprendre et qu’il est activement impliqué dans la construction des circuits neuronaux nécessaires à ses futures compétences !  🙂

Le plus important est :

  1. que l’enfant s’exerce beaucoup
  2. que l’enfant garde intacte sa motivation intrinsèque et son entrain à s’exercer ! 🙂 🙂 🙂

Toute intervention de l’adulte, même hyper bien intentionnée (l’adulte est très souvent complètement convaincu de rendre service à l’enfant en lui montrant ses erreurs) pour « corriger » l’enfant, désigner ses erreurs ou même l’inciter à « faire plus attention », ou à « reprendre son exercice » peuvent, malheureusement, mettre à mal l’élan intérieur de l’enfant, son appétence et son intérêt pour l’exercice…

Revenons à nos images pour la conscience phonologique : au fur et à mesure qu’il va s’exercer, l’enfant va prendre de l’assurance et un jour, peut-être, au lieu de prendre 2 pochettes = 2 phonèmes, il va en prendre 3…. ou même plus !….selon son initiative….

Et il va ensuite essayer de retrouver la place de chaque image sous et dans chaque pochette…

Un éducateur d’école Montessori nous a témoigné un jour que c’est avec ce matériel que des petites filles avaient déclenché le phénomène montessorien nommé « explosion de l’écriture » : les petites filles avaient, en effet, dans leur enthousiasme pour l’exercice, sorti et mélangé le contenu des 21 pochettes, soit 105 images à trier !!!

Elles y avaient passé des heures, mais étaient ressorties victorieuses de l’exercice et avec une nouvelle compétence à la clé ! 🙂 🙂 🙂

Inutile de préciser que, bien entendu, ce n’était pas l’éducateur qui les avait incitées à se lancer dans une telle tâche (nommé « un grand travail » en pédagogie Montessori) et qu’elles étaient, une fois de plus, allées bien au-delà de tous les attendus tant de l’adulte que de l’institution ! 🙂

Dernière précision : avec le matériel des images pour la conscience phonologique, il est important que l’enfant puisse se concentrer sur une consigne précise et positive. Il est ainsi important,  en prenant, par exemple, l’image du soleil, que l’enfant puisse se demander « est-ce que j’entends sssssssss lorsque je dis « soleil » (consigne positive) et qu’il puisse poser l’image du soleil sous le dessin d’un S ; et non pas qu’il ait à se formuler mentalement « lorsque je dis « soleil », je n’entends pas [a] ; donc je pose l’image du soleil sous un A barré qui signifie « je n’entends pas »….

PSSSS : pour info, si vous cherchez où se trouve notre pack complet des images pour la conscience phonologique, eh bien il se trouve ici  ! 🙂 🙂 🙂

Belle journée à tous ! 🙂

 

 

 

 

 

 

Agnès Putoud

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